Nous non plus nous ne sommes pas vos Nègres.se.s de service!

Communiqués de presse, Nos plumes

Racisme anti-Noir.e et déresponsabilisation – actualités romandes

Alors qu’il y a un mois, une boulangerie de Meyrin n’avait pas trouvé plus original que de proposer à ses client.e.s des gâteaux-hérissons aux lèvres rouges dignent d’une publicité “Y’a bon Banania”, des actions récentes montrent que la résistance est omniprésente. Indignations publiques, organisations d’ateliers critiques, projections de film et tenues de débats autour du racisme anti-Noir.e figurent parmi les initiatives proposées par des personnes afrodescendantes et leurs allié.e.s. Or, l’actualité de ces dernière semaines confirme qu’une partie de la population n’est toujours pas disposée à prendre ses responsabilités et à oeuvrer en vue d’une société basée sur le respect et l’intégrité humaine.

Il est en outre réjouissant de voir que des films comme “I Am Not Your Negro” rencontrent un intérêt remarqué auprès de l’audience suisse-romande aux côtés d’autres productions telles “Ouvrir la Voix”, “Hidden Figures” et encore “Moonlight”. D’autant plus que ces films ont en commun d’interroger et d’interpeller de manière critique les sociétés contemporaines et les façons dont elles (re)reproduisent des systèmes d’oppression multiples. On pourrait donc être amené.e.s. à espérer que des gens qui ont – rappelons-le quand-même – pris la peine de déplacer leur personne d’un point A à un point B, de faire la file parfois pendant des heures et de vider leur porte-monnaie, sortent de ce visionnement un chouilla plus informé.e.s. Or, le constat est que pour une part du public, ce genre de proposition artistique est consommé uniquement comme produit de divertissement “concernant les Etats-Unis et la France” seuls. Preuve en est une salle qui se vide de moitié suite à la projection de “I Am Not Your Negro” dans le cadre du FIFDH au moment où le modérateur annonce “qu’il s’agit à présent de parler de racisme anti-Noir.e à Genève”…

A vous, personnes en quête d’une âme militante le temps d’une séance et qui vous découvrez un esprit éveillé prêt à débattre de l’état du monde tout en restant à Genève, nous vous invitons à vous taire et à écouter. Il serait peut-être aussi temps d’interroger vos privilèges en Suisse et de penser à comment prendre vos responsabilités dans des réalités qui sont aussi les vôtres et sous votre nez. D’ailleurs, ne s’agit-il pas justement de la conclusion du film à retenir?! Vous êtes les premier.e.s à vous ruer sur les productions qui mettent en scène les “Blacks militants” lorsqu’ils viennent des Etats-Unis, ou à vous laisser séduire par les théories postcoloniales, décoloniales et afroféministes. Vous trouvez la blackness cool, mais où étiez-vous le 19 novembre dernier lors de la manifestation contre les violences policières sur les Noir.e.s déroulée à Lausanne?

Sur la question des responsabilités justement, une autre catégorie de la population – des étudiant-e-s de la HEC de Lausanne – s’offre un voyage “dans l’Afrique exotique” des Masaï le temps d’un bal de fin d’année. Décidément, c’est qu’il n’en faut pas beaucoup pour enjailler ces jeunes en mal de différence et en besoin de décompression…

A vous, étudiant.e.s qui vous réjouissez déjà de sortir les costumes et de vous faire des tresses, l’appropriation culturelle est à éviter surtout quand on a pour ambition de rejoindre l’élite économique. Vos études actuelles vous en demandent sûrement beaucoup et limitent le temps que vous avez à disposition pour vous renseigner sur ce type d’oppression. Pas grave, contentez-vous pour le moment de trouver d’autres manières de vous défouler. Et quand vous aurez le temps et l’argent, prenez-en un peu pour vous éduquer. Pi bon…sachez que les imitations vestimentaires, musicales, culinaires et autres ne sont justement que des imitations…jamais égalées. Et encore moins la solution à des mal-êtres identitaires.

Ce besoin “d’identités a contrario” est visiblement partagé par une poignée de rédacteurs réactionnaires d’extrême-droite. Ces dernières/ers semblent profondément heurté.e.s d’entendre certaines vérités articulées de manière brillante et reconnue par une femme qui sait de quoi elle parle. Bien que ce pays tente d’offrire à tou.te.s des chances égales à l’accès à l’éducation, il semble avoir failli pour ce qui concerne ce type de journalisme de bas niveau:

A vous qui vous revendiquez de la majorité radieuse, qui semblez être avides d’informations et qui avez du temps à tuer, nous vous invitons à rediriger cette énergie à des lectures instructives… et au silence. C’est pas mal des fois… surtout quand on n’a rien d’intelligent à raconter.

Comme souvent, ces actualités sont déjà rencontrées par des résistances et des condamnations portées par des personnes afrodescendantes en Suisse et leurs allié-e-s. Elles s’inscrivent et reproduisent elles-mêmes des schémas qui se répètent et ne sont pas nouveaux. Et c’est justement parce qu’il n’y a rien de nouveau et que cela fait au minium des décennies que des personnes concernées ont pris le temps d’étudier, de décortiquer, d’expliciter et de condamner les mécanismes du racisme anti-Noir.e que nous invitons toute personne qui ne comprendrait pas le fond de notre position à prendre ses responsabilités et à se référer à ces travaux. Il y en a pour tous les goûts, de la vidéo pédagogique à la monographie en passant par l’humour.

En gros, rien ne vous excuse de ne pas vous poser la question de ce qui ne va pas et de comment vous pouvez contribuer de façon constructive et critique à y remédier.

En vous souhaitant une bonne digestion et en vous priant de bien vouloir comprendre que nous ne sommes pas juste là pour vous servir du Mafé.

 
Le Collectif Afro-Swiss

Lettre ouverte à Helvetas

Communiqués de presse, Nos plumes

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A l’attention de : M. Melchior Lengsfeld, Directeur ; M. Stefan Stolle, Directeur Communications & Fundraising, Helvetas Suisse; M. Patrick Schmitt, Responsable Bureau Suisse romande
Copie à : Les donatrices et donateurs

Genève, le 15 novembre 2016

Objet : lettre ouverte dénonçant la campagne « Changer, vraiment »

Messieurs,

Près de deux semaines sont passées depuis que votre campagne « Changer, vraiment » a fait l’objet d’une vague d’indignation à travers la Suisse. Cependant, à ce jour, pas une déclaration ni un geste publics laissant entendre que vous auriez au moins pris acte des récriminations de nombre de vos concitoyen-ne-s. Or, il semblerait que l’une des qualités premières requises d’une organisation visant à venir en aide aux populations soit de développer ses capacités d’écoute et d’être attentive à la réception de ses actions. Ainsi, en l’absence d’un geste de votre part hormis les irrecevables « explications » fournies en réponse à certaines publications Facebook, nous, citoyennes et citoyens, heurté-e-s par la vue, parfois quotidienne, de cette campagne que nous jugeons insupportable, prenons les devants pour vous faire entendre, au-delà de notre exaspération et colère, raison.

Le but de cette lettre n’est en aucun cas de vous arracher quelque éclaircissement que ce soit. Nous avons lu et relu vos « arguments » partagés ça et là, décrypté la campagne dans tous les sens possibles, et sommes parvenu-e-s au diagnostic suivant : il est temps de vous expliquer, en toute pédagogie, la raison pour laquelle de telles affiches sont absolument et incontestablement inacceptables dans un espace public tel que le nôtre. Il serait d’abord judicieux de vous rappeler que cet espace public nous appartient autant qu’à vous, que nous sommes les réceptacles des messages que vous diffusez, et que pour certain-e-s d’entre nous, nous sommes (ou plutôt étions) soutiens financiers de vos projets et avons à ce titre un droit de regard sur leur portée éthique, voire un droit de réponse si nous nous sentons personnellement attaqué-e-s par quelque action de votre part.

Et au cas où cela vous aurait échappé, nous sommes nombreux-ses à nous être senti-e-s personnellement blessé-e-s par les images placardées par vos soins sur nombre de murs que nous longeons.

Prétendre, comme vous l’affirmez dans une de vos réponses sur les réseaux sociaux, vouloir « lutter contre les préjugés véhiculés par de nombreuses personnes en Suisse » est bien ironique au regard du nombre de clichés entremêlés dans vos affiches. Entre le combo gagnant « famine – manque d’eau potable – analphabétisme – absence d’hygiène » qui, à grands renforts de campagnes larmoyantes, résume depuis des années le quotidien de milliers d’Africain-e-s dans notre espace public, et la dichotomie « les garçons à l’école » et « les filles à la couture » (résumé grossier certes, mais non moins fidèle de votre message), l’on a peine à déceler dans quelle direction se portent vos efforts en matière de « lutte contre les préjugés ». Présenter le quotidien des Noir-e-s comme marqué de tout temps par la « misère », l’ignorance et l’impuissance est précisément ce que nombre de vos prédécesseurs font depuis des décennies, véhiculant ainsi l’image déformée d’une Afrique globalement figée dans son dénuement et spectatrice de sa propre déchéance.

Montrer que « les gens se sont eux-mêmes engagés pour changer leur vie » est l’un des objectifs de votre campagne dites-vous encore dans une autre réponse. Comment est-on censé le deviner à travers des affiches où aucun nom propre (si ce n’est celui de Helvetas), et surtout aucune action ne figurent? De gauche à droite, les personnages passent comme par magie d’une facette du malheur à un résultat heureux, sans qu’à aucun moment leur propre intervention ne soit mentionnée. Alors certes, il est impossible de tout inclure sur une affiche ; cependant, « a fondé une coopérative » prend autant de place que « tire la chasse d’eau ». L’angle d’approche est juste différent.

Cette impression de passivité est considérablement renforcée par la totale dépersonnalisation des hommes et des femmes présenté-e-s qui, anonymes, suspendus hors du temps et de tout espace, ne « parlent » aux spectateurs que par l’élément le plus reconnaissable de leur identité : leur couleur de peau. L’inconscient collectif nourri au lait de la rhétorique humanitaire fera ainsi le reste du travail d’association d’idées permettant de rattacher ces personnes à cette célèbre et infamante Afrique tellement incapable de s’en sortir sans aide extérieure.

Ces personnages vidés de toute substance sont de plus le prétexte à un discours ne laissant aucune place à la nuance et à l’équilibre. Helvetas n’a pas eu l’impression de verser dans l’excès et l’abus de langage en présentant une femme Noire non identifiée comme ayant « toujours connu » la faim ? Il est en effet notoire qu’en communication, tout message hyperbolique se doit d’être contrebalancé par d’autres éléments (graphiques, syntaxiques ou autre) plus nuancés pour être recevable sans susciter de réticence du spectateur ou de la spectatrice. Or, certes, Helvetas nous a « épargné » le traditionnel enfant rachitique couvert de mouches, mais ne fait pas mieux en usant des adverbes « toujours » et « jamais » pour, de surcroît, décrire des situations extrêmes de l’existence humaine, créant ainsi une atmosphère de surenchère suspicieuse.

Permettez-nous également de douter du prétendu caractère désintéressé de cette campagne quand la seule rubrique de votre site Internet à reprendre le slogan martelé sur les affiches (« Changer, vraiment ») est précisément la rubrique relative aux dons financiers. De ce fait, l’isolation des populations Noires du reste de vos bénéficiaires et la réutilisation et diffusion de poncifs condescendants à leur sujet prennent une tournure d’autant plus outrageante qu’elles ne visent qu’à servir vos propres intérêts.

Et en filigrane des arguments que nous venons de vous détailler, cette question lancinante : pourquoi, alors que Helvetas intervient dans 31 pays, dont 8 seulement sont basés en Afrique, contre 12 en Asie, avoir choisi de ne placer comme illustrations du malheur, que des personnes Noires (dont, au demeurant, l’on est censés deviner l’emplacement géographique étant donné que Helvetas n’a pas jugé utile de les situer ou de les nommer)? Dans un contexte généralisé de sous, voire non-représentation des populations Noires lorsqu’il s’agit de diffuser des messages porteurs, permettez-nous de nous interroger sur les fondements et la légitimité de cette soudaine et exclusive surexposition.

Au vu de cela, disons que ce n’est pas nous qui demandons le retrait immédiat de ces affiches de tout espace public physique et virtuel. C’est le bon sens, l’honnêteté intellectuelle et l’éthique professionnelle qui le commandent. Ce sont aussi les principes de dignité, du droit à un espace public dénué de racisme, du droit à ne pas voir les corps et attributs visibles d’une partie de la société devenir les instruments d’une approche humanitaire misérabiliste à laquelle nous ne souscrivons pas.

En espérant que ces principes et valeurs sauront guider vos décisions prochaines, nous comptons sur une réaction prompte et éclairée de votre part afin de dissiper cette désagréable sensation de n’être aux yeux de Helvetas que de muets porte-monnaie ambulants, sans âme, ni voix au chapitre.

Cordialement,
Le Collectif Afro-Swiss
et
Association pour la Promotion des Droits Humains (APDH) (Grand-Saconnex, Genève)
Azanya L’Agenda (Genève)
Cre’Art Events (Lausanne, Vaud)
Cojep Suisse (Genève)
Les Indociles
On est ensemble (Suisse)
Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) (Genève)
SolidaritéS (Vaud)

ABDULLE Idil (Lausanne, Vaud)
ADBEL MEGUID Hala (Genève)
ADET Anne-Claire (Genève)
AERNE Barbara (Lausanne, Vaud)
AKARI Kambey (Accra, Ghana)
ALEMU Yamrote
ALTMAN Rebecca Moyi (Genève)
ANDERFUHREN Marie (Genève)
ANDRIS Leticia (Licia Chery) (Genève)
ANDRIS Pascale (Genève)
ARHAB Amar (Genève)
ARHAB Corinne (Genève)
ARMATA Clementina (Genève)
ARVY Anne (France)
ASTIER CHOLODENKO Lorraine (Genève)
AYKAC Cagla Elcin (Genève)
BADAN Elisabeth (Clarens, Vaud)
BADIBANGA Wetu-Muka (Genève)
BAH Perrine (Versoix, Vaud)
BANFI Elisa (Genève)
BEHANE Noxolo (Chêne-Bourg, Genève)
BEMA Timba (Ecublens, Vaud)
BERTHET Chloé (Genève)
BETRAN Francine (Genève)
BIRRER Lewis (Vaud)
BISILLAT Maryline (Perroy, Vaud)
BLONDEL Sylvie (Lausanne, Vaud)
BOCCO Cécile (Genève)
BOCCO Ricardo
BOSS Cécile (Genève)
BOTTARELLI Alain (Lausanne, Vaud)
BOULOUDANI Valérie
BRAFLAN Olivier
BRATSCHI Fabienne (Lausanne, Vaud)
BRUDON Pascale (Genève)
BUERLI Claudine (Vaud)
BUERLI Stefan (Vaud)
BUYSSENS Danielle (Genève)
CARRON Djemila (Genève)
CARRUPT Abdul (Sion, Valais)
CENCIN Alessandra (Genève)
CHABLOZ Jade (Genève)
CHASSOT Joanne (Vevey, Vaud)
CIPRUT Dario (Genève)
CIPRUT Marie-Andrée (Genève)
CLIVAZ Mathias (Lausanne, Vaud)
CONSTANT Farah (Plan-les-Ouates, Genève)
COURVOISIER François (Genève)
DE ALMEIDA Eliana (Genève)
DEILLON Diane
DEL BIAGGIO Cristina (Genève)
DESPONT Caroline (Assens, Vaud)
DIALLO Hamidou (Genève)
DIENER Mo (Zurich)
DIND Daniel (Genève)
DJOUNGONG Martine (Genève)
DJOUNGONG Serge (Zurich)
DOS SANTOS PINTO Jovita (Genève)
DUCRET Véronique (Genève)
EL-SHIKH Inès (Le Grand-Saconnex, Genève)
ENGONE Melissa (Neuchâtel)
ENITAN-SIGAM Pamela (Genève)
ESKANDARI Vista
ESPAHANGIZI Kijan (Zurich)
FAVRE Laurence (Genève)
FIEDLER MENOUD Julie (Genève)
FORNARA Livio (Genève)
FÖLDHAZI Agnes (Genève)
GACHOUD Noémie (Fribourg)
GACHOUD Régine (Châtel-St-Denis, Fribourg)
GAJARDO Anahy
GALIPO Adele
GAVAND Flora (Gex, France)
GEADA Filomena (Saint-Julien en Genevois, France)
GIROD YETERIAN Lucie (Genève)
GNAEDINGER Luca (Genève)
GOOSSENS Alexandra
HAPPI Aïcha (Fribourg)
HELG Aline (Genève)
INVENTATI Sara (Lausanne, Vaud)
JACQUEMET Florian (Lausanne, Vaud)
JEKER Sandra (Genève)
JIMBE Nicole (Genève)
JUD Veronica (Genève)
KAGAME Josepha (Genève)
KAGAME Kayije (Genève)
KAGAME Shyaka Nkubito (Genève)
KAMEL Leïla (Genève)
KANKUENDE Tatiana (Lausanne, Vaud)
KAREKEZI Céleste (Genève)
KAREMERA Mucyo (Genève)
KIALANDA Laure (Carouge, Genève)
KISS Judit (Genève)
KOESSLER Christophe (Genève)
KONE SANE Aicha (Genève)
KOUESSAN Joëlle (Genève)
LACHAT Jacob (Genève)
LACHAVANNE Daphné (Confignon, Genève)
LACHAVANNE Valérie
LAMOUR Gaëlle (Genève)
LAVANCHY Anne (Lausanne / Genève)
LEBRUN Adeline (Fribourg)
LILI Aurora (Lausanne, Vaud)
LOKOSHA Marlène
LUMINUKU Tania (Genève)
LUU My-van Sylvie (Vaud)
MABOSO Anas Luzitu (Genève)
MAKELA Micheline (Vaud)
MAKELA Sylvie (Lausanne, Vaud)
MANVILLE Layla (Genève)
MARTIN YÉ Safi (Genève)
MASINA Nomalanga (Londres, UK)
MAWAFFO Ariane (Genève)
MBABAZI Philibert Aimé (Genève)
MBAYE Djinane (Berne)
MELONI Sonya (Féchy, Vaud)
MENDES Susana (Genève)
MENOUD Lorenzo (Genève)
METAIREAU Béatrice (Genève)
MFEGUE AYMON Marguerite (Genève)
MFUTANKATU Gloria (Vaud)
MICHEL Eva (Genève)
MICHEL Juline (Genève)
MICHEL Noémi (Genève)
MICHEL Roger
MOYO Tanya (Nyon, Vaud)
MUELLER David (Berne)
MUSANGU Getou – Christianne (Neuchâtel)
NAGUIB Tarek (Berne)
NANJOUD Bulle (Genève)
NAVERIANI Elene (Berne / Genève)
NDAYIZIGA Laurine (Roche, Vaud)
NDOUMBE NKOTTO Vanessa
NDUAKULU Jonathan James L.
NICOLAS Claire (Lausanne, Vaud)
NJOH Danièle (Genève)
NOTTINGHAM Kara D. (Genève)
NKUASA NDOMBASI Ntiaka Rossy (Lausanne, Vaud)
NSINGI Ndona Ella (Lausanne, Vaud)
NZABONIMPA Maliza (Vaud)
OHENE-NYAKO Charles (Vaud)
OHENE-NYAKO Pamela (Clarens, Vaud)
OHENE-NYAKO Shelly (Vaud)
OKYERE Kwame (Genève)
OSHODIN Cynthia (Onex, Genève)
OTHIENO Cyn (Genève)
OYEYI Sandrine (Carouge, Genève)
OYEYI-DELATOUR Esther (Genève)
PAGLIAI Sophie (Genève)
PEEVA Milena
PETREMONT Harry-Marc (Genève)
PETREMONT Joséphine (Genève)
PETREMONT Jude
PETREMONT Ludovic (Genève)
PETREMONT Mélanie (Genève)
PICCAND Laura (Lausanne, Vaud)
PINTO DE MAGALHÃES Halua (Berne)
PIRAUD Anouk (Genève)
PIRAUD Chloé (Genève)
PIRAUD Mischa (Genève)
PORCHER Natacha (Genève)
PUATI Idra Raphaël (Lausanne, Vaud)
RAHAMATALI Aisha (Genève)
REICHLIN Thomas (Genève)
REY Gaspard
RIBI FORCLAZ Amalia (Lausanne, Vaud)
ROLLE Valérie (Lausanne, Vaud)
ROSSI Leonora (Lausanne, Vaud)
ROTHENBERGER Sereina (Zurich)
SAADA Naïm (Genève)
SABATÉ Laura (Genève)
SCHENKER Emilien (Vallorbe, Vaud)
SCHIESS Christian (Haute-Nendaz, Valais)
SCHRAMM Bérénice K. (Montréal, Canada)
SCHWARZ Natalie (Berne)
SIANI Claire (Vaud)
SIGAM Bansoa (Genève)
SIGAM Djata (Genève)
STUDER Cécé David (Genève)
TAIEB Hamid (Genève)
TARAMARCAZ Julia (Fribourg)
TENGEY Edward (Bernex, Genève)
THIAM Magueye
THIESEN Cassandra
THION Gaëlle (Thônex, Genève)
TOCHETTI Sara (Lausanne, Vaud)
TOMBOLA Angela (Genève)
TOURÉ Oumar (Genève)
TOUTOU-MPONDO Fanny
TSHUNZA Aurélie
TUTONDA Dony Gaylord (Lausanne, Vaud)
UPJOHN Hélène (Genève)
URUSARO IMHOF Cynthia (Vaud)
UWACU MANILIHO Delphine (Zurich)
VALLIER Camille (Genève)
VAN DE WAAL Erica (Genève)
VARONE Eléonore
VICQ Benjamin
VITULLO Morena (Genève)
WEBER Jean Martin (Genève)
WELLHÄUSER Sabrina (Grône, Valais)
WYSS Atalio (Genève)
YASANDIKUSUMA Irma
YÉRÉ Henri Michel (Bâle)
YÉRÉ Huguette (Vaud)
YETERIAN Cyril (Genève)
ZAY Julie (Petit Lancy Genève)

 

Rest in Power Hervé Mandundu

Nos plumes

« Jeune homme abattu par un policier »

 

« d’origine congolaise »

               « forcené »

« père de famille »

« agresseur »

Hervé.

Des mots lus ensemble qui ne font d’abord aucun sens.

Des images qui entrent en conflit les unes avec les autres.

Une boule au ventre et des montées de chaleur avant que le cerveau ne commence à traiter l’information…lentement…

Le choc.

Chez « Nous » aussi… En Suisse ?!

Oui. Hervé Mandundu.

Inconnu pour certains, Connaissance pour d’autres.

Fils, Frère, Ami, Père, Copain pour les plus proches.

Un Homme qui avait ses rêves, ses conflits, ses joies et ses peines.

 

Un Humain.

 

Pas juste un cas médiatique où les mots et cadrages tels que « forcené », « d’origine congolaise », «armé » tentent d’amoindrir le fait qu’un jeune homme [Noir] qui a vécu une bonne partie de sa vie en Suisse

ait été tué par les balles

d’un policier

censé être entrainé pour neutraliser sans blesser

accompagné de plusieurs de ses collègues

Et les interrogations fusent… Doit-on craindre encore plus pour nos Frères, Amis, Pères, Maris, Amants aux teints mielleux et ébènes ?

 

En quête de réponses pour faire sens, Audre Lorde caresse et donne des outils par ses mots :

 

«La haine, c’est la fureur de celles et de ceux qui ne partagent pas nos objectifs, et elle a pour but la mort et la destruction. La colère, elle, est une douleur provoquée par des décalages entre personnes égales, son but est le changement. (…) Et n’utilisez pas ma colère comme excuse pour rester aveugles, ni pour vous dédouaner de la responsabilité de vos propres actions»[1]

 

Et quand ne viennent que des bribes de phrases…

 

«[La] poésie n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale. Elle génère la qualité de la lumière qui éclaire nos espoirs ainsi que nos rêves de survie et de changement, espoirs et rêves d’abord mis en mots, puis en idées, et enfin transformés en actions plus tangibles.  La poésie est le chemin qui nous aide  formuler ce qui est sans nom, le rendant ainsi envisageable» [2]

 

Ces mots s’adressent à la famille, aux amis et proches de Hervé Mandundu auxquels les membres du Collectif Afro-Swiss tiennent à présenter leurs sincères condoléances. Des mots qui nous viennent encore qu’en bribes et morceaux.


[1] Lorde, A. (2003 [1984]). Sister Outsider. Carouge et Laval: Editions Mamélis; Editions TROIS, pp. 142 et 145.

[2] Ibid., p. 36.

Stop Racial Profiling – Communiqué du CAS – 7 novembre 2016

Communiqués de presse, Nos plumes

Aujourd’hui, Mohamed Shee Wa Baile a comparu au Tribunal parce qu’il a résisté à un contrôle raciste de la police.

Le contrôle au faciès que Mohamed Shee Wa Baile a subi à plusieurs reprises n’est malheureusement ni inédit ni isolé comme le montrent les études sur le racisme anti-Noir-e-s en Suisse.

En Suisse romande, la semaine dernière, un jeune homme Noir s’est fait violemment interpeller par la police alors qu’il faisait son footing.

Ce cas s’ajoute à une multitude d’autres cas dont les médias ne parlent pas ou peu.

Etre Noir-e en Suisse, tout sexe et statut confondus, signifie encore être potentiellement exposé-e au contrôle au faciès à tout moment.

Le contrôle au faciès n’est pas un mal nécessaire. Il ne vise pas à garantir la sécurité de la société. Il n’est pas une mesure préventive. Le contrôle au faciès est une forme violente de racisme institutionnel qui plonge dans l’insécurité celles et ceux qui en sont les victimes.

Il faut y mettre un terme immédiat.

Etre contrôlé-e en raison de sa couleur de peau revient à subir une violence, qui provoque une humiliation, un sentiment de non-appartenance et de peur constante.

En s’opposant au contrôle totalement arbitraire dont il a été l’objet, Mohammed Wa Baile s’oppose à une pratique discriminatoire et injuste.

Le Collectif Afro-Swiss soutient pleinement Mohammed Shee Wa Baile ainsi que toutes les personnes qui résistent aux différentes formes de discrimination!

Nous encourageons les personnes non-Noires à être solidaires. A exercer leur vigilance. A ne pas rester muettes lorsqu’elles sont témoins d’un cas de contrôle au faciès.

Stop au profilage racial maintenant !

Stop racial profiling now!

 

Discours prononcé le 7 novembre 2016 à Zurich

L'Alliance contre le profilage racial, 7 novembre 2016, Zurich

L’Alliance contre le profilage racial, 7 novembre 2016, Zurich

Post Tenebras… Helvetas

Communiqués de presse, Nos plumes

La période des fêtes approchant, le cœur de nombre de nos concitoyens étant réputé être à la fête et au partage, quel meilleur moment pour titiller leurs cordes sensibles, tirer son épingle du jeu dans le concert des appels au don, et arracher aux quidams quelques larmes émues et écus trébuchants ? Pour la bonne cause bien évidemment ! Quitte à dépenser son argent à tire-larigot, autant le faire pour le bien-être de l’Humanité n’est-ce-pas ? Enfin pour le bien-être de cette partie de l’Humanité qui, à en croire la récente campagne d’Helvetas, a, de tous temps et encore aujourd’hui, toutes les difficultés du monde à sortir des méandres de la misère, de la faim et de la maladie. Cette partie de l’Humanité connue sous le nom de… ben appelons-la « monde Noir » (« Noirie » pour les intimes).

Car, non contente d’en faire l’incarnation même de l’infortune et de l’impuissance, l’ONG Helvetas n’a à aucun moment entrevu la nécessité de nommer ou situer cette population mélanique qu’elle a décidé de placarder à coups de slogans éculés sur les murs de Suisse. Population qui, au passage, si on en croit son site Internet, n’est pas la seule à laquelle Helvetas vient en aide, mais qui, fundraising et visibilité oblige, se retrouve d’un coup, par magie noire, toute seule sous les feux des projecteurs de la compassion. Que d’honneurs.

Mais bon, après tout, on ne va pas chipoter, de toute façon, tout le monde sait de « qui » (de quoi) l’on parle : une vieille femme Noire qui porte un foulard et qui défèque dans les buissons, pas besoin d’avoir fait Saint-Cyr pour comprendre où elle se trouve. Elle vient de « là-bas », bien entendu.

Ce « là-bas » où toute grand-mère digne de ce nom a « toujours connu la faim », tandis que sa fille aura « parfois connu la faim », et dont la petite fille n’a comme seul espoir de ne « jamais » connaître la faim que de s’en remettre à l’action de tout-puissants et miséricordieux sauveurs. On admirera au passage l’art de la nuance et de l’équilibre parfaitement maîtrisé par les communicants d’Helvetas : « toujours », « jamais », subtilité quand tu nous tiens.

Ce « là-bas » où tous les grands-pères sont « accablés par la misère », est aussi un des rarissimes endroits au monde où les pères sont « accablés par les soucis ». Oui des « soucis » ma petite dame, vous avez bien lu, des « soucis » ! Que la vie est cruelle avec « ces gens-là ».

Ce « là-bas » sans chasse d’eau ni robinet, et où les femmes doivent, horreur, « porter leurs pommes de terre ».  Toutes seules ! Sans caddie !

(Soit dit en passant, si quelqu’un pouvait expliciter en quoi « porter ses propres créations » règlerait le problème du portage de patates, il est à parier que cela serait également utile pour nombre de femmes miséreuses ici).

Alors quelles solutions envisager devant tant de dénuement et d’indigence ? Helvetas pardi ! Helvetas apporte eau, nourriture, sanitaires, éducation, bref, bonheur aux populations Noires. Enfin, vu que les filles ne pensent qu’à se nourrir et s’habiller, réservons l’éducation pour les petits mecs. Enfin, l’éducation au sens noble naturellement ; pas de couture pour les petits mecs, car la couture ce n’est pas de l’éducation, voyons. Enfin…bref…tant de clichés entremêlés dans une même campagne qu’on finit par y perdre son latin.

Il faut d’ailleurs s’y prendre à deux fois avant de réaliser que non, il ne s’agit, ni d’un gag, ni d’une parodie : nous sommes bien face à une campagne authentique qui, tout en prônant le « changement », vient puiser dans les plus vieux fantasmes colonio-paternalistes en figeant, une énième fois, les populations Noires dans une posture de mendicité passive face à leur misère endémique. Et ce, pour des objectifs purement pécuniaires, comme en témoigne le slogan « Pour changer vraiment, participez » (sic !) qui siège en bonne place sur la page d’accueil du site de l’organisation (impossible à louper au demeurant, c’est la seule rubrique qui reprend le slogan de l’affiche).

« Sensibilisation » oseraient avancer certains. Certes, mais à quoi ? Quelle « information » même minime, est-on censé retirer d’affiches où ne figure même pas l’ombre d’un quelconque élément de contexte (lieu, chiffres, date, etc.) ? Il n’échappera en effet à personne que le seul nom propre ayant l’honneur de trôner sur le visuel est, bien entendu, celui d’Helvetas (cela vous avait échappé ? Ben bravo). Bamboula, Banania et compagnie ne servent que d’illustrations muettes venant confirmer l’efficience de l’omnipotente organisation.

Organisation qui en plus de s’attribuer les super pouvoirs de sauveur du monde Noir, semble dotée de compétences extralucides lui permettant de prédire l’avenir. Autrement, comment peut-elle savoir avec certitude que Noiraude n°3 ne connaîtra « jamais » la faim ? Et si jamais Noiraude n°3 voyage en pays civilisé et y contracte un prêt étudiant exorbitant qu’elle n’arrive pas à rembourser et que, son permis de séjour lui interdisant de travailler plus de 20 heures par semaine, elle ne peut trouver un emploi décent à côté de ses études et est ainsi contrainte de sauter quelques repas pour joindre les deux bouts ? Ah mais, où avons-nous la tête, Noiraude n°3 n’est pas censée étudier. Problème réglé.

Alors, peu importe que les plus anciennes universités au monde se trouvent sur le continent africain (Fès, Le Caire, Tombouctou, etc.), certaines ayant été fondées près de deux siècles avant que des établissements similaires ne voient le jour dans une Europe où moins d’un habitant sur cent maîtrisait écriture, lecture et calcul.

Peu importe que, alors que les langues sont considérées par l’UNESCO comme « facteurs de développement et de croissance », un nombre incalculable d’Africains et Caribéens maîtrisent dès le plus jeune âge deux, trois, voire davantage de langues maternelles, quand malgré tous les efforts de l’éducation publique civilisée, nombre de Français, Britanniques, Américains peinent déjà à maîtriser leur seule et unique langue, l’illettrisme ayant fait des bonds spectaculaires ces dernières années.

Peu importe que le Rwanda soit à l’heure actuelle considéré comme le champion de la participation politique féminine, avec plus de 60% des sièges parlementaires occupés par des femmes, propulsant le pays à la première place mondiale en la matière, quand les bienpensantes Nations Unies viennent une fois de plus de rater l’occasion de montrer l’exemple en se dotant pour les cinq, voire dix prochaines années, d’un fidèle représentant de la gent masculine Blanche occidentale.

Peu importe qu’en à peine une décennie, le Nigéria se soit hissé dans le top 3 des producteurs mondiaux de l’industrie cinématographique, loin devant nombre de pays industriels, générant un chiffre d’affaires de plus de 45 millions de dollars et employant près d’un million de « pauvres indigènes ».

Peu importe que dans des pays comme le Sénégal, les transferts d’argent de la seule diaspora vers le pays d’origine dépassent de loin les montants combinés de l’aide au développement et des investissements directs étrangers, faisant de ces Noirs anonymes, invisibles et impuissants, les principaux bailleurs de fonds du pays.

Peu importe que le Nigéria (encore lui) se soit débarrassé par ses propres moyens de la terrifiante épidémie Ebola (au passage introduite dans le pays par un citoyen américain que les autorités avaient refusé de prendre en charge), à l’heure où l’ONU, qui a pourtant pignons sur rue en Haïti, peine à, idéalement, éradiquer l’épidémie de choléra qu’elle a elle-même importée dans le pays, au mieux, indemniser les familles de victimes de l’épidémie maintenant que sa responsabilité dans cette catastrophe sanitaire a été clairement  établie.

Peu importe.

Continuons à présenter le monde Noir comme une globalité éternellement plongée dans les ténèbres, l’ignorance et le malheur. Continuons à propager idées reçues et pourtant combattues, et alimenter les fantasmes d’une population déjà nourrie au lait de la suffisance postcoloniale et abreuvée d’impératifs paternalistes. Continuons à ignorer le sens de l’Histoire et les évolutions de la Société qui crie pourtant son exaspération grandissante face à de tels procédés et messages, en sautant à reculons, à pieds joints et les yeux bandés, à chaque nouvelle campagne publicitaire ayant trait à l’« Autre ».

Continuons, puisque cela rapporte.

Humanitarian business…is still business.

Et ne croyez pas qu’on en soit à demander le retrait de l’affiche où autre requête qui, naturellement non satisfaite, serait immédiatement suivie d’une levée de boucliers contre la « paranoia » de « ces gens-là », propulsant illico, comme par enchantement, cette campagne au rang de « campagne de l’année », fleuron de la communication helvétique. Non, la leçon est apprise, et de toute façon, l’heure n’est plus à la « demande », ni aux « explications », encore moins aux « bonnes intentions ».

Alors, liberté d’expression oblige (vieil héritage des palabres africains) et faisant confiance en notre propre jugement (excusez-nous du peu), nous nous permettons simplement de répliquer : « Vade retro Helvetas ».

 

COMMUNIQUE DE PRESSE, GENEVE, LE 28 MAI 2015.

Radar, Uncategorized

Le CAS a pris connaissance  de l’incident raciste survenu le 25 avril 2015 à la salle des Fêtes de Thônex le jour du concert  du groupe  « Fréro  Delavega ». Sur la porte  de la loge de l’artiste,  Madame  Licia Chery,  programmée en première partie,  figurait un écriteau mentionnant le terme « slave » (« esclave »). De plus, sur  la  feuille  de  route  exposée  à  plusieurs  endroits  dans  les  coulisses,  le  nom  de  cette  dernière  était directement accolé au terme « slave ».

Le CAS considère que:

  • cet acte  est  révoltant,  car  il  assigne  directement  l’artiste  à  une  condition  d’exploitation  et  de déshumanisation ;
  • cette condition  d’exploitation   et  de  déshumanisation   s’ancre  dans  l’histoire  de  la  traite  des Noir.e.s. et de l’esclavage ;
  • la couleur de peau de l’artiste et ses origines haïtiennes intensifient le caractère blessant du terme « slave » qui est une des notions centrales du vocabulaire qui a légitimé l’esclavage des Noir.e.s ;
  • quelles que soient les intentions – réelles ou alléguées  -­‐ qui sous-­‐  tendent  l’association  du nom d’un.e artiste au terme « slave », rien ne l’excuse,   car l’esclavage  est un crime contre l’Humanité dont les effets néfastes et la mémoire douloureuse  continuent  de marquer les vies de nombreux concitoyen.nes.
  • les effets  du  terme  « slave »  ont  blessé  par  le  passé  et  continuent  de  blesser  aujourd’hui encore ;

Le  CAS  appelle  le  groupe  Fréro  Delavega  et  l’équipe  qui  prend  en  charge  sa  tournée,  les  autorités communales, ainsi que les responsables de la programmation culturelle à :

  • Reconnaître publiquement  la gravité de cet acte ainsi que de ses répercussions  sur l’artiste,  ses proches, son public ainsi que sur toutes les personnes touchées de près ou de loin par l’histoire de l’Esclavage et de la traite des Noir.e.s »
  • A garantir  aux  artistes  locaux  ou  de  passage  un  cadre  et  des  conditions  de  travail  dénuées  de racisme.

Le COLLECTIF AFRO SWISS

collectifafroswiss@hotmail.com